Le 25 mai prochain, Jean-Louis Aubert, l’emblématique ancien meneur du groupe Téléphone, délaissera les grandes scènes pour offrir un concert caritatif exceptionnel dans le Vaucluse. C’est à Villes-sur-Auzon, paisible commune de 1 300 âmes blottie au pied du mont Ventoux, que l’artiste aux cinquante ans de carrière se produira à ciel ouvert. L’enjeu de cette soirée est de taille : rassembler des fonds pour la restauration de l’église Saint-André. L’engouement a été tel que les 1 000 billets, proposés au tarif de 40 euros, se sont arrachés en un éclair.


Édifié en 1854, ce monument historique fait face à de lourdes menaces structurelles, entre une toiture abîmée, des vitraux en péril et d’importantes infiltrations d’eau. La facture des travaux, estimée à 1,4 million d’euros, représente un défi colossal pour cette petite municipalité. L’édifice abrite pourtant une véritable curiosité : depuis 1891, la devise nationale et les mots « République française » y sont gravés sur la façade, mariant harmonieusement héritages spirituel et républicain. Pour sauver ce joyau, les villageois multiplient les initiatives solidaires depuis des mois, des lotos aux cagnottes en ligne, suscitant l’admiration du curé de la paroisse, le père Nelson. Comme le rappelle avec justesse le maire Frédéric Rouet : « Un village sans église n’est pas un village. »
Si Jean-Louis Aubert a choisi de s’investir dans ce combat, c’est parce que son histoire intime est profondément ancrée dans la commune de Villes-sur-Auzon. Le chanteur y passait ses étés chez ses grands-parents, et c’est également là que reposent ses parents. L’église Saint-André avait d’ailleurs accueilli les funérailles de sa mère peu de temps avant sa fermeture au public. En montant sur scène ce 25 mai, l’artiste ne fera pas que chanter pour sauver des pierres ; il rendra un vibrant hommage à ses racines familiales, à son village de cœur et à la ferveur de ses habitants, ravivant ainsi la lumière au centre de la commune.