1975 : L’histoire de « J’ai encore rêvé d’elle » par Richard Dewitte

Habituellement Richard Dewitte (compositeur, batteur et chanteur du groupe « Il était une fois ») avait l’habitude de travailler longuement ses compositions, seul chez lui, pour les finaliser. « J’ai encore rêvé d’elle » a été composée très rapidement

En 30 minutes, elle était dans la boîte. J’ai fait le piano, la basse, ma voix, révèle Richard Dewitte. ‘J’ai encore rêvé d’elle’ m’est tombée du ciel.
Alors que d’habitude je passais un temps fou à écrire des cordes, des cuivres et des chœurs dans tous les sens, cette chanson-là, j’ai fait un clavier, une basse et ça y était. 

Quant au texte, écrit par Serge Koolenn ce fut tout l’inverse. Les pires difficultés sont survenues, non pas pour le poser sur le papier, mais pour le faire accepter. Les dirigeants du label étaient persuadés que les radios n’accepteraient jamais de diffuser une chanson avec des paroles aussi crues.

On a eu un gros problème avec la phrase ‘Et les draps s’en souviennent’ ». Louer un studio coûte cher et Serge Koolenn s’est enfermé dans un hôtel Porte de Bagnolet en disant ‘Tant que vous n’acceptez pas qu’on enregistre cette phrase, je ne reviens pas’, se souvient Richard Dewitte. La maison de disques a cédé et on a enregistré la chanson. 

Quant à l’enregistrement studio, l’histoire ne fut pas simple non plus. Au départ, il n’était pas prévu que Joëlle Mogensen chante le titre.

 Il y avait vraiment un grand orchestre dans le studio de Boulogne-Billancourt, mais c’était trop haut pour que Joëlle chante un truc pareil, raconte Richard Dewitte. Bien sûr, on s’est rendu compte, après avoir enregistré ma voix pendant l’orchestration, que c’était évidemment idiot de ne pas la faire chanter là-dessus. Le texte s’y prêtait.  C’était trop tard pour faire revenir tous les musiciens pour baisser d’un demi ton. Elle a essayé de la chanter, mais c’était vraiment trop haut. Ça coinçait, explique Richard Dewitte. Donc, on a ralenti un petit peu le magnéto pour qu’elle puisse chanter, d’un demi ou d’un quart de ton. Ensuite, elle a fait sa voix à une vitesse normale et on a remis le tout à la même vitesse. C’est pour ça qu’elle a cette voix un peu émotive et très haute. Même sur scène, on la baissait d’un demi ton pour qu’elle puisse chanter. 

1975 : L'histoire de "J'ai encore rêvé d'elle" par Richard Dewitte

Le résultat final, lui, a donné l’une des plus belles chansons françaises.

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