11 Novembre : « Le soldat » Florent Pagny. La lettre d’un poilu qui touche en plein cœur

À l’heure où la nuit passe au milieu des tranchées
Ma très chère Augustine, je t’écris sans tarder
Le froid pique et me glace et j’ai peur de tomber
Je ne pense qu’à toi

Mais je suis un soldat
Mais surtout ne t’en fais pas
Je serai bientôt là
Et tu seras fière de moi

À l’heure où la guerre chasse des garçons par milliers
Si loin de la maison et la fleur au canon
Ces autres que l’on tue sont les mêmes que moi
Mais je ne pleure pas

Car je suis un soldat
Mais surtout ne t’en fais pas
Je serai bientôt là
Et tu seras fière de moi

À l’heure où la mort passe dans le fleuve à mes pieds
De la boue qui s’en va, des godasses et des rats
Je revois tes yeux clairs, j’essaie d’imaginer
L’hiver auprès de toi

Mais je suis un soldat
Je ne sens plus mes bras
Tout tourne autour de moi
Mon Dieu, sors-moi de là

Ma très chère Augustine, j’aimerais te confier
Nos plus beaux souvenirs et nos enfants rêvés
Je crois pouvoir le dire nous nous sommes aimés
Je t’aime une dernière fois

Je ne suis qu’un soldat
Non, je ne reviendrai pas
Je n’étais qu’un soldat
Prends soin de toi

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