“J’avais peur d’avoir un garçon, et pas savoir comment l’aimer”, chante-t-elle dans la chanson où elle se demande si elle ne l’a pas “mis au monde” pour qu’il ne soit pas dans “la norme” et cultive sa différence.
Amel Bent est venue chanter sa nouvelle chanson La Norme sur le plateau de C l’hebdo ce samedi 22 mars sur France 5. Un titre dans lequel la chanteuse explique qu’elle avait peur d’être maman d’un petit garçon.
Quand je te vois, je me vois
La même allure, le même pas
Tu as mes dents, tu as mes doigts
J’aurais voulu arrêter là
Tu s’ras jamais comme les autres
Du moins les autres te le diront
Du mal à garder tes amis
Beaucoup d’entre eux s’en iront
T’iras trop vite, t’iras trop loin
T’iras trop mal, t’iras trop bien
Tu feras des crises, tu feras des scènes
Tu seras dure avec toi-même
Pourquoi faut-il qu’on se ressemble
Jusqu’aux angoissеs qui me dévorent
Comme si jе t’avais mise au monde
Mais que j’t’avais pas mise aux normes
Tu mettras longtemps à comprendre
Cette anxiété qui te hante
T’es pas bizarre ma fille
T’es comme ta mère
T’es différente
Quand je te vois, je me vois
Les mêmes billes, la même voix
Tu as mon rire, tu as ma joie
Si j’avais pu m’arrêter là
De la cour de récréation
Jusqu’aux pages de magazine
Tu sentiras la pression
Monter les larmes dans la cabine
J’aurais beau te dire que t’es belle
Même si tu ne me crois pas
Tu verras le bout du tunnel
Moi je suis passée par là
Pourquoi faut-il qu’on se ressemble
Jusque la rondeur de mes formes
Comme si je t’avais mise au monde
Mais que j’t’avais pas mise aux normes
Tu mettras du temps à t’aimer
Et à comprendre pourquoi tu manges
Même si t’es ronde ma fille
T’es comme ta mère
T’es différente
J’avais peur d’avoir un garçon
Et pas savoir comment l’aimer
De rater son éducation
Et puis un jour tu es né
En toi je ne pouvais pas voir
Ceux qui longtemps m’ont blessée
Abandonnée dans le noir
C’est pas ton rôle de m’réparer
Mais quand je te vois je me vois
Même si tu ressembles à papa
Et dire qu’un jour tu grandiras
Moi je te regarderai d’en bas
Pourquoi faut-il que je ressente
La peur qu’à ces hommes, tu ressembles
Comme si je t’avais mis au monde
Pour que tu n’sois pas dans la norme
Je prendrai le temps de te dire
Combien l’amour est important
Pour qu’tu sois bon mon fils
Et comme maman, n’aies jamais peur
D’être diffèrent