Décès de Marie-Paule Belle: Elle avait fait ses adieux à son public il y a quelques semaines…

Décès de Marie-Paule Belle: Elle avait fait ses adieux à son public il y a quelques semaines…

Il y a quelques semaines à peine, au mois de mai 2026, Marie-Paule Belle faisait en effet des adieux bouleversants à son public sur la scène du Théâtre de Passy avec son ultime récital « Au revoir et merci ». L’émotion de ces derniers concerts prend aujourd’hui une dimension d’autant plus poignante puisque cette artiste immense, libre et inclassable, s’est éteinte il y a quelques jours, le 25 juillet 2026, à l’âge de 80 ans. Revenir sur son parcours hors norme, c’est se plonger dans la vie d’une femme portée par la musique et par un amour inébranlable.

Née en 1946 et initiée au piano par sa mère dès l’âge de trois ans, la jeune fille à la voix gouailleuse quitte Nice pour monter à Paris avec un rêve précis en tête : chanter dans les cabarets mythiques de la Rive Gauche, comme L’Écluse ou L’Échelle de Jacob. Son style détonne immédiatement. Avec son humour piquant, sa douce folie et son jeu de piano classique d’une grande virtuosité, elle captive le public. L’explosion de sa carrière survient véritablement en 1976 avec La Parisienne, un tube monumental et féroce qui la propulse au sommet et qui traversera les générations. Se qualifiant elle-même d’« artisane » dans un milieu musical ultra-formaté, Marie-Paule Belle n’a jamais voulu rentrer dans des cases. Elle a enchaîné d’autres grands succès (comme Wolfgang et moi ou Quand nous serons amis), a joué au théâtre, et a entretenu pendant plus d’un demi-siècle une relation de proximité très rare avec ses admirateurs.

Mais il est impossible d’évoquer la carrière de Marie-Paule Belle sans parler de l’amour de sa vie : l’écrivaine belge Françoise Mallet-Joris. Leur rencontre a été un coup de foudre total, tant sur le plan sentimental qu’artistique. Romancière reconnue, Françoise est devenue sa parolière de prédilection, taillant sur mesure des mots subtils que Marie-Paule habillait de ses mélodies joyeuses ou nostalgiques. Elles ont assumé leur amour au grand jour dans les années 70, imposant leur relation avec un naturel absolu dans une société pourtant encore figée, sans jamais chercher pour autant à provoquer le scandale. Ce partenariat intellectuel, fusionnel et romantique a été le socle de l’essentiel de son répertoire. À la disparition de Françoise en 2016, Marie-Paule n’a cessé de chanter pour continuer à la faire vivre, lui dédiant d’ailleurs en 2020 le bel ouvrage Comme si tu étais toujours là.